La VR cherche ses VR-Potes : entre adoption timide et scepticismes ludiques
À l’heure où tout geek se doit d’avoir un gadget high-tech greffé à la rétine, la réalité virtuelle – plus connue sous son petit nom de VR – pensait devenir la nouvelle coqueluche des amateurs d’événementiel numérique. Et pourtant, en ces temps immersifs, il semble que le grand public se soit mis en mode « pause » plutôt que « play ». Plongeons ensemble dans cette saga des pixels en 3D où les casques peinent à trouver leurs chevaliers.
Y a-t-il un pilote dans la VR ?
L’odyssée débute en 2016, l’année prédite pour la révolution VR. On s’attendait à voir chacun déambuler chez soi, un casque vissé sur la tête, aussi naturellement que l’on porte des lunettes de soleil. Mais les prophéties technologiques sont comme les crêpes ; parfois, elles ne prennent pas. Quelques chiffres titillent nos neurones : 570 000 unités vendues selon les devins de Context, ou le double – voire quadruple – si l’on en croit les optimistes de Canalys.
Un luxe pas encore grand public
Quant à savoir qui dit vrai entre ces oracles des ventes, c’est comme essayer de trouver la sortie dans un labyrinthe de réalité virtuelle sans le casque. D’un côté, HTC joue à la marelle avec ses chiffres de vente, entre estimations et rétractations aussi nébuleuses que le cosmos. De l’autre, Facebook, le parrain de l’Oculus Rift, préfère rester aussi évasif qu’un magicien dévoilant ses tours. En bref, si tu n’as pas ton casque VR, c’est peut-être parce que ton porte-monnaie a préféré rester bien au chaud.
L’art délicat de vendre du rêve numérique
Cherchons à comprendre les sorciers de Context qui ont fouillé dans les pensées des moldus pour en sortir quelques potions éclairantes. Gros point de friction : l’oseille, le flouze, le nerf de la guerre. Six personnes sur dix refusent de sacrifier plus de 300 pépites pour un casque. Or, à l’heure actuelle, les prix volent haut, très haut, et ne redescendent pas, sauf peut-être pour le Playstation VR qui joue les petits poucets avec ses 399 euros.
Bingo, mais pas pour mon bingo !
Et voilà que surgit une figure inattendue : l’antihéros social. On l’accuse de transformer ses utilisateurs en zombies asociaux. Presque 40 % du grand public pourrait croire que s’équiper d’une VR revient à dire adieu à toute vie sociale. Quant au mal de mer numérique, il sème une légère panique chez près d’un tiers des intéressés. On s’aperçoit alors que nos chers fabricants devront aussi jouer les infirmiers et les psychologues s’ils veulent convaincre les foules de se jeter dans le vide… virtuel.
Le monde de demain : tous « casqués » ?
Croire aux lendemains qui chantent est aussi essentiel que d’avoir du réseau pour son smartphone. L’espoir demeure que le VR créera sa norme au sein du monde du divertissement – après tout, qui n’aime pas un peu d’évasion ? Il faudra néanmoins que les galaxies de la réalité virtuelle se démocratisent, et que nos casques deviennent les complices d’aventures aussi palpitantes que douces pour le portefeuille et l’esprit. Alors, peut-être que la VR trouvera, enfin, son public de VR-Potes prêts à partager des éclats de rire et des pixels par milliers.