State of Mind: Exploration SF ou échec artistique ?

State of Mind: Plongeon polyédrique dans une SF recyclée, amuse-bouche ou bâillement ?

Bienvenue dans un futur pas si brillant où les palpitations de l’enthousiasme pourraient se faire rares, mais où la sarcasme n’a pas dit son dernier mot. « State of Mind », le titre qui nous promettait une virée dans une dystopie d’un Berlin futuriste sur le point de craquer, nous sert plutôt un casse-tête froidement polygonal, où notre pote, le journaliste Richard Nolan (non, il n’a rien à voir avec le réalisateur de « Inception »), s’emmêle dans une guirlande de transhumanisme et de drame familial.

Un choix graphique arty ou un pari foiré ?

Pour ceux du fond qui boudent les maths, le low poly c’est l’art de faire des jolies choses avec des triangles, beaucoup. On ne peut pas nier le petit côté branché cubiste de la chose. Ça donne un contraste dingue entre les lieux, qui semblent pris dans une fièvre de Minecraft sous acide, et les personnages, qui ressemblent à s’y méprendre à des amas de cailloux affectifs.

Mais, si les cubes c’est sympa chez Ikea, ce choix stylistique nous vole toute chance de bondir d’empathie. Pour être honnête, les scènes émotionnelles font autant vibrer qu’un robot ménager. Heureusement, le doublage anglais vient lancer une bouée de sauvetage en forme de ventilateur dans ce désert émotionnel.

Une aventure narrative où le gameplay a fait défection

Si vous cherchez l’immersion d’un bain chaud dans vos jeux vidéos, passez votre chemin. Le gameplay ici, c’est comme espérer que le frigo se remplisse de lui-même : une illusion. Place à la narration qui prend toute la place ! L’interaction ? Ne parlons pas de ces « mini-jeux » atones qui ont autant de piment qu’une poignée de semoule.

Gardez vos yeux bien ouverts, car c’est un marathon de non-événements qui s’annonce, jusqu’à ce que, soudain, après quelques heures équivalentes à une queue à la poste, un semblant d’intérêt fasse son apparition, faisant écho à la promesse initiale.

Un miroir empreint de confusion narrative

Après un démarrage poussif, l’histoire nous balance pêle-mêle des réflexions sur la robotique et la réalité virtuelle. On tangue entre fascination et indifférence alors que le scénario, pauvre boussole, semble ne pas savoir sur quel pied danser. Les sujets, bien qu’alléchants, auraient mérité un chef qui sait ciseler ses plats.

Ne craignez rien, il n’y a pas de spoilers ici, mais attendez-vous à ce tour de magie narratif : la dystopie qui flirte avec l’utopie dans un pas-de-deux à vous filer le tournis. On n’change pas trop de décor, donc laissez vos envies d’exotisme au vestiaire. L’action finit tout de même par se dénouer, et là, surprise, on nous sert l’épisode incontournable des… égouts. Et c’est parti pour les révélations de la dernière heure, assez rafraîchissantes pour en sauver quelques-unes.

À l’ombre des géants de la SF

Dans les couloirs de « State of Mind », qui s’étirent tout de même sur une dizaine d’heures, le soufflé a du mal à lever, même si l’on sent le potentiel enfoui. Les novices de la science-fiction seront peut-être ravis, mais pour ceux qui cherchent à devenir copains avec Asimov ou à tutoyer Philip K. Dick, il faudra repasser. Le jeu, légèrement empêtré dans ses ambitions, flirte avec des références auxquelles il ne tient pas la chandelle. Alors, préparez-vous pour un voyage qui ne sortira probablement pas de l’orbite de la série B, mais si vous êtes un easy player ou un fan de science-fiction sans grandes attentes, laissez-vous tenter : le rire est aussi une émotion, après tout.

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