Expo Numérique de Leonard Cohen à Montréal

Leonard Cohen : L’Immortel de Montréal en Numérique

Quand la technologie rend hommage au poète

Imaginez-vous déambulant dans les rues de Montréal, quand soudain, vous voyez l’illustre Leonard Cohen vous faire un petit signe depuis le mur d’un bâtiment ! Eh bien, un an après avoir tiré sa révérence du monde terrestre, le grand Leonardo, comme on ne l’appelait jamais, a décidé de frapper un grand coup dans le monde de l’art contemporain, à travers une exposition aussi auditive que visuelle. Et ceci, grâce à la baguette magique de notre époque : la technologie.

« Une brèche en toute chose » : Cohen vu par 40 artistes à la sauce digitale

L’expo « Une brèche en toute chose », qui se tient telle une star sur scène au Musée d’art contemporain (MAC) de Montréal, est une célébration de l’œuvre cohenesque plus vivante que jamais. Avec ses quarante virtuoses des pinceaux et des pixels, Leonard s’offre une postérité en haute définition et en stéréo.

Le tout commence avec des installations à faire pâlir Houdini, des clins d’œil à ses chansons si bien ficelées, qu’on jurait les trouver dans une pièce fermée à double tour ou encore à l’intérieur d’un orgue bavard chantant, sous chaque pression de touche, des paroles de Cohen. Et que dire de cette chorégraphie projetée au sol ? Vive la danse des pixels !

Alléluia, l’expérience collective mystico-scientifique

« Hallelujah », la chanson que votre cousin joue au piano à chaque réunion de famille, se trouve ici en fond sonore pour une installation qui transforme le streaming en un tombeau numérique presque sacré. Faites un saut dans la communauté virtuelle de ceux qui, en même temps que vous, prêtent l’oreille à l’écho de cette mélodie. Spotify et YouTube sont de la partie : vous n’êtes plus seul dans votre salon !

Melissa Mongiat et Mouna Andraos, deux artistes qui manient le numérique comme d’autres le fil à tricoter, nous plongent ainsi dans ce qu’elles décrivent comme un mélange entre science et mysticisme, où des milliers d’amateurs du monde entier partagent ce moment de communion cohenesque.

Voix célestes en réalité virtuelle

Pour les aventuriers du casque VR, une expérience soliste vous attend. Incarnez à 360 degrés, non pas Leonard en personne, mais Bobby Halvorson, qui, à octaves variées, vous offre un « Hallelujah » à donner des frissons même à un robot.

Quand l’art devient expérience immersive

Zach Richter, maître de la réalité virtuelle et néanmoins Américain, transporte l’ambiance médiévale d’une église dans nos oreilles modernes. La fusion de la musique et de la technologie ouvre, selon lui, les portes d’un tout nouveau visuel.

Candice Breitz, l’artiste sud-africaine à l’esprit plus tordu qu’un câble USB, rassemble dix-huit montréalais seniors pour interpréter « I’m your man » avec une touche qui frôle le génie. Et au milieu des écrans qui forment un cercle, on se sent un peu comme dans une réunion de sorciers 2.0.

Poème au sol et renaissances numériques

Pour ceux qui préfèrent l’abstraction, Clara Furey s’entortille plus qu’un câble de chargeur pour finir en résurrection numérique en récitant « When Even The ». Frissons garantis.

Finalement, des tas d’écrits et de dessins sur plus d’un demi-siècle de carrière de Cohen s’affichent dans une exposition que le MAC a cuisiné avec amour, bien avant que Leonard ne lâche son micro. John Zeppetelli, directeur du musée, voulait montrer la puissance intemporelle de l’artiste, pas seulement à travers quelques vestiges de scène comme son fameux chapeau.

Et pour finir, en guise de cerise sur le gâteau, une petite vidéo d’un oiseau sur un fil fait écho à « Bird on The Wire », métaphore parfaite de la vie et de la liberté. Un adieu qui se refuse à dire vraiment au revoir.

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