VR: évolution lente d’un potentiel révolutionnaire

La VR: La montée lente d’un géant endormi

Alors que vous êtes confortablement assis sur votre canapé, l’idée de vous téléporter dans un monde virtuel peuplé de dragons, d’athlètes olympiques ou même de copies virtuelles de vos amis peut sembler aussi attirante qu’une part de pizza chaude un samedi soir. Mais enfilons nos lunettes d’analyse technologique (à défaut d’un casque de VR) pour comprendre pourquoi la réalité virtuelle (VR), malgré son potentiel fantastique, semble avancer au rythme d’un escargot sous tranquillisants.

Au royaume des chiffres, les casques VR sont rois… enfin presque

Si l’on se penche sur les tablettes magiques du cabinet IDC, on constate que la distribution de casques VR a fait un bond de 25,5% entre deux anniversaires de votre tante Gertrude, atteignant le chiffre respectable de 2,1 millions d’unités. Pas mal hein? Mais attendez de voir la suite.

Selon le sage du village Jitesh Ubrani, analyste chez IDC, la croissance de la VR est plus nonchalante qu’un paresseux en vacances. Il semble que proposer une immersion totale ait un coût, pas seulement financier, mais aussi éducatif. C’est un peu le syndrome de la console de jeux dernière génération lors d’un repas de famille : tonton René doit d’abord comprendre comment le machin fonctionne avant d’accepter de se lancer dans une partie de bowling virtuel.

Les récentes réductions de prix ont beau faire miroiter un monde virtuel à portée de bourse, la vraie bataille est de convaincre les terriens d’essayer ces casques dignes d’un film de science-fiction avant de les acheter. On a parfois l’impression que les fabricants de VR tentent de vendre des licornes volantes à une population qui n’a pas encore compris l’intérêt du cheval à bascule.

L’AR, ce cousin plus cool et moins encombrant

Se pointe alors sur la scène un concurrent tranchant comme un coutelas suisse : la réalité augmentée (AR). Elle, c’est le genre de technologie qui s’invite sans frapper, s’installe confortablement et vous regarde avec son air de dire « T’as vu, pas besoin de casque pour être cool ». Le dernier rejeton d’Apple, cet iPhone qu’on ne présente plus, apporte avec lui le kit ARKit, un genre de chaîne hi-fi virtuelle qui vous balade dans la réalité augmentée avec une aisance déconcertante.

Le danger, c’est que la VR finisse par être reléguée au rang de relique, une sorte de Walkman du digital, oublié dans un tiroir entre les lunettes 3D du cinéma de 2010 et votre ancienne collection de Tamagotchis. Oui, la question se soulève, tel le couvercle d’une marmite bouillonnante : la VR sera-t-elle un simple feu de paille techno ou la fondue savoyarde qui nous fait frémir d’anticipation ?

VR ou AR, le verdict est encore loin

En résumé Mesdames et Messieurs, si l’avenir de la VR est aussi incertain qu’un épisode de Game of Thrones, une chose est sûre : elle nous fait voyager bien loin du quotidien, certes, au rythme d’une tortue asthmatique, mais avec une destination qui s’annonce, avec un peu de patience et beaucoup d’électrons, époustouflante. Qui sait, peut-être deviendrons-nous tous des explorateurs virtuels, découvrant des terres inconnues depuis notre salon – à condition que tonton René comprenne enfin où appuyer pour démarrer l’engin.

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