VR et Théâtre: Révolution des arts vivants numériques

VR et spectacles vivants: Y a-t-il un magicien dans la salle numérique?

Quand le digital s’invite sur les planches

Ah, le monde bigarré du numérique, cette bête aussi insaisissable qu’une anguille sous roche et qui, d’après notre ami Hugues Sweeney de l’Office national du film, est souvent brandi à tort et à travers. Mais ô surprise, dans le petit théâtre des arts vivants, la technologie est venue filer un coup de baguette magique et pof! voilà de nouveaux gadgets de diffusion et d’interaction pour émerveiller les foules. Vous avez vu? Réalité augmentée par-ci, réalité virtuelle par-là, on plonge tête première dans un océan d’immersions sans se mouiller.

Certains pros du spectacle sont plus excités qu’une puce sous le chapiteau à l’idée de ces merveilles et des fabuleuses collab’ que ça peut engendrer entre artistes, disciplines, et même au-delà des frontières. Pendant ce temps, y’en a d’autres qui, tel un funambule au-dessus d’un précipice, frémissent à la pensée des possibles désagréments de cette nouvelle ère…

Les billets, c’est toujours le nerf de la guerre!

Et là, grand dilemme: si le show se délocalise sur les internets, est-ce que nos petites menottes resteront collées au porte-monnaie? Au pays des caribous, on a observé quelque chose d’intéressant. À Toronto par exemple, ils ont commencé à diffuser des concerts en ligne en 2014, et ça n’a pas mis les recettes de billetterie au tapis. Au contraire! On dansait la gigue, car au Québec, les théâtres jouaient à guichets fermés comme jamais depuis 2011.

Cela dit, point de vue économique, certains tirent un peu la tronche, craignant une baisse de la fréquentation des grandes productions itinérantes. Paroles d’Amélie Cordeau, patronne du Rift en Abitibi-Témiscamingue, qui jongle entre sa casquette de galeriste, cinéphile et maître de ballet. Madame voit d’un mauvais œil la possibilité que les artistes se virtualisent et se raréfient dans les régions éloignées, mettant à mal l’écosystème local.

Innover, c’est bien. Suivre le rythme, c’est mieux!

Les troupes artistiques sont pris entre deux feux: l’envie de carburer à l’innovation techno’ et la réalité d’avoir les poches parfois pas assez profondes pour jouer dans la cour des grands. Entre les ressources humaines et techniques restreintes, se tenir à jour c’est un peu comme vouloir jongler avec des chaises électriques allumées, une mission pas de tout repos! Christine Curnillon de l’Usine C à Montréal le sait bien: dès qu’on croit maîtriser le b.a-ba du web, pof! le reste du monde est déjà passé à la suite.

Dans ce tourbillon, les arts vivants ont la malice de surfer à leur propre vitesse. Pas pressés, ils prennent le temps de bâtir des rituels communautaires. Oui, le monde artistique, c’est un peu comme une tortue chenille: ça avance tranquillou, mais ça finit par se métamorphoser en quelque chose de bigarré.

Le spectateur, maître de cérémonie 2.0

L’interactivité, c’est la nouvelle coqueluche. Les internautes ne sont plus de simples spectateurs, mais des acteurs à part entière, dès le début de l’acte créatif. Comme avec Delete, une expérience menée en 2016 où chaque visiteur devenait héros de sa propre aventure, grâce à la magie de l’internet. Chouette, non?

Le numérique, c’est désormais une grande question de « comment » et non plus de « si ». Christine Curnillon le sait: à chaque nouveau gadget, toute la création se transforme. C’est un jeu de piste perpétuel, mais faut pas croire que ça va nous embarquer que dans des mondes virtuels. Le vrai débat, c’est le degré d’interactivité qu’on peut et veut saupoudrer dans l’œuvre.

L’union fait la force (et la connexion!)

Alors qu’est-ce qu’on fait avec ce petit casse-tête? On se serre les coudes pardi! Comme avec Scènes ouvertes de la Société des arts technologiques, une belle initiative pour brancher les scènes entre elles. Imaginez: des artistes qui pouvaient co-créer malgré des kilomètres de distance. C’est beau, mais il reste de la besogne, surtout pour les régions moins bien connectées.

Hugues Sweeney, qui a son mot à dire dans ce cirque numérique, le souligne: il faut utiliser la technologie à bon escient pour pousser notre créativité encore plus loin, sans pour autant tomber dans la facilité. Car dans le fond, c’est une belle aventure, une opportunité de réinventer notre art, un peu à la manière dont la radio s’est métamorphosée avec le podcast.

Voilà, on a rebattu les cartes du spectacle vivant, et ce n’est que le début! Qui sait sur quelle scène se jouera le prochain acte? Mais une chose est sûre, on ne risque pas de s’ennuyer dans les coulisses de ce théâtre 2.0.

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