Réalité Virtuelle: Guérir Phobies et Peurs

Vaincre ses peurs avec un casque ? La réalité virtuelle à la rescousse des phobiques

Quand le virtuel chasse les peurs réelles

Imaginez-vous dans une pièce équivalente à un cube parfait, entourée de détecteurs dignes d’un film de science-fiction, un bâtonnet en guise de baguette magique. Vous enfilez ensuite des élastiques futuristes et vous coiffez d’un casque audio qui cache un autre, celui de la réalité virtuelle. Et paf ! Vous voilà téléporté dans un tipi digne des grands chefs Sioux. Votre avatar ondule au gré de vos mouvements. Tout à coup, vous attrapez une torche, et oh surprise, dans la vraie vie, c’est le fameux bout de bois du début ! Magie technologique, vous êtes dans deux mondes à la fois.

Mais quel est ce tour de sorcier ? Pourquoi vous a-t-on plongé dans cet étrange univers ? Vous venez de mettre les pieds dans la start-up genevoise Artanim, où la réalité virtuelle et la médecine flirtent pour donner naissance à des thérapies innovantes. Imaginons un peu : vous êtes terrifié par les hauteurs, et paf ! Avec un casque, on vous fait traverser un pont suspendu. Magie, votre vertige s’envole au fil des sessions.

Des avatars thérapeutiques pour apaiser l’esprit

Aux quatre coins du globe, des psychologues et psychiatres misent sur cette gymnastique numérique pour soigner les phobies. Cela fait même déjà une décennie que Bruno Herbelin, chercheur en subterfuges cognitifs à l’EPFL (l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, rien que ça !), s’est penché sur le sujet. Il travaillait avec des personnes pour qui socialiser était aussi agréable que de nager avec des piranhas. Ça n’était pas un spectacle, mais les premiers résultats, sans être cliniquement approuvés, étaient assez encourageants.

L’importance de l’immersion, ou comment se croire dans un autre monde

Herbelin raconte que leur premier essai de terreur virtuelle se jouait dans un bal de regards flottants. Bien que les yeux ne fussent pas très réalistes, les phobiques sociaux n’appréciaient guère ces regards virtuels pesants, prouvant que l’onctuosité des graphismes n’avait pas grand-chose à voir avec l’efficacité de l’épreuve. Françoise Riquier, la psychiatre complice de ces expériences numériques, souligne cependant que si le patient n’accroche pas à la technologie, il risque de rejeter la thérapie virtuelle comme un mauvais script de film de série B. En bref, l’immersion est le mot-clé !

Sur scène ou face à un public hostile : la réalité virtuelle met le patient dans le bain

Dans la traditionnelle et non moins pittoresque thérapie des phobiques sociaux, vous parlez devant un petit groupe, et tout le monde est gentil comme dans une pub pour des biscuits. Trop gentils pour être vrais. La réalité virtuelle, elle, propulse le patient sur une scène devant un public d’humanoïdes prêts à le huer. Ce qui est un peu plus proche de la réalité des planches, n’est-ce pas ?

La réalité virtuelle, pas encore la panacée mais prometteuse

Bien que la technologie soit désormais plus abordable et que Riquier ait décidé de replonger dans la réalité virtuelle, les scénarios restent limités. Malgré tout, allier sensations corporelles et expériences virtuelles pourrait devenir une méthode clé de l’exposition thérapeutique. Et qui sait, peut-être que dans dix ans, modeler des univers virtuels sera à la portée de tous, comme de monter un site web aujourd’hui.

Alors, prêts à enfiler vos casques et à dire adieu à vos peurs ? La réalité virtuelle pourrait bien être votre nouveau super-héros, cape numérique incluse !

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