Réalité Augmentée à Brooklyn: Critique Cinéma

La Réalité Augmentée et les Illusions d’un Créatif à Brooklyn

La Quête Fantasmée d’un Hipster Brooklynite

Imaginez un futur où lunettes de réalité augmentée et canards de hipsters se côtoient dans les allées branchées de Brooklyn. Voici David, notre héros du jour, qui se voit confier la tâche titanesque de piloter la campagne publicitaire des fameuses lunettes Augmenta. Alors qu’il est censé se familiariser avec le gadget, il succombe à la tentation de voir s’incarner son fantasme. Et peu à peu, tel un algorithme défaillant, il se met à buguer entre fiction et réalité.

Le Noir et Blanc : Un Choix de Rétro ou de Ration ?

Benjamin Dickinson, à la barre de cette navette futuriste nommée « Creative Control », nous embarque dans un monde où le noir et blanc sert de toile de fond. Mais attention, point de nostalgie argentique ici, plutôt une décision qui semble souffler : « Regardez-moi, je suis un cinéaste indé. » Pourtant, il semblerait que les nuances de gris n’aient pas pris le bon train. Manque de grain, manque de charme, notre voyage dans le futur a des relents de passé qui n’ont pas eu droit à leur pincée de magie numérique.

Des Personnages à Lunettes, mais Pas à Fort Contraste

Et qui dit film branché dit casting à lunettes, avec en guest star la ravissante Nora Zehetner, qui a troqué son début de carrière hollywoodienne pour les plateaux télé, des séries comme « Heroes », « Grey’s Anatomy » à « Mad Men ». Elle y campe l’amie de David, qui s’avère être bien plus qu’une simple paire de lunettes sur pied. En face, l’objet du fantasme est incarné par Alexia Rasmussen, une étoile montante qui montre qu’elle n’a pas besoin de réalité augmentée pour briller.

Quand l’Art se fait Tech-démo

Benjamin Dickinson, lui, semble plus occupé à calibrer sa caméra qu’à narrer une histoire palpitante. Avec « Creative Control », il tricote une démo technique de ses compétences supposées en guise de réel long-métrage. Et pour atteindre des sommets kubrickiens, il faudrait bien plus qu’un peu de musique classique en fond et des ralentis artistiques. Les spectateurs non-hipsters se retrouvent à l’écran externe de cette réalité, face à des personnages aussi ennuyeux qu’un tutorial d’application mal conçue.

Quand les Hipsters s’Aiment et qu’on Rigole un Peu

Pour autant, entre deux scènes d’autocongratulation hipstérique, quelques pépites d’humour s’incrustent et nous rappellent qu’on est censés s’amuser. Sans oublier la beauté non augmentée des deux actrices qui apportent un peu de relief dans cet océan de pixels monochromes.

Conclusion : De la Réalité Augmentée Oui, Mais Avec Modération

En fin de compte, « Creative Control » aura laissé certains admirateurs de nouvelles technologies sur leur faim, tandis que les férus de satire sociale auront leur dose de clichés gentiment moqués. On ressort de ce Brooklyn futuriste à la fois amusé et perplexe, comme après avoir testé une appli prometteuse dont on a vite fait le tour. Quelque part entre l’incident technique et l’œuvre d’art, ce film nous rappelle que l’augmentation la plus précieuse, c’est peut-être simplement notre imagination.

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