Black Mirror S4 : Café & Dystopie Matinale

Black Mirror : Quand votre café du matin vous parle de dystopie

Vous voilà bien installé dans votre canapé, une tasse fumante à la main, prêt à entamer une nouvelle journée. Mais attendez, ne serait-ce pas le moment idéal pour se (re)plonger dans une série avant-gardiste qui remet en question notre existence entière ? Je veux bien sûr parler de notre chère « Black Mirror », qui, dès le 29 décembre, a étalé ses nouveaux épisodes sur la table de Netflix, aussi sombres et satiriques soient-ils envers notre belle époque digitale.

La technologie, cette amie qui vous veut du bien (ou pas)

Souvenez-vous des jours heureux où la naissance d’Internet nous a tous fait miroiter un monde meilleur. Les réseaux sociaux étaient la nouvelle agora, nos téléphones plus intelligents que nous et la réalité virtuelle plus délectable que notre quotidien morose. 2017 fut l’année bénie de l’intelligence artificielle, traitée avec amour par notre presse favorite (coucou « Le Monde » et tes 200 articles enflammés). Mais – et il y a un mais – certaines voix, et pas des moindres, celles qui ont caressé le doux pelage de la Silicon Valley, s’élèvent pour grincer sur les risques de ces « progrès ». Après la fête, vient la gueule de bois technologique !

« Black Mirror » : La technophobie en mode série B

Alors, que nous concocte la saison 4 de « Black Mirror » pour nous faire frissonner dans nos pantoufles ? Six épisodes purement indépendants, triant le bon grain de l’ivraie numérique. Imaginez, une application qui vous note comme on évalue un restaurant et patatra, votre vie sociale se retrouve en solde ! Alarmiste ? Pas tant que ça, demandez donc à nos amis chinois… Et c’est là l’éclat de génie de « Black Mirror » qui, à travers sa loupe déformante, met en évidence une réalité qui nous rattrape à vitesse grand V.

Des débuts qui ne mâchent pas leurs pixels

Le premier épisode, « USS Callister », fait tourner les têtes – et pas qu’un peu. L’histoire s’articule autour d’un virtuose du code qui se transforme en Zeus des temps modernes dans un univers virtuel, où il inflige une divine rétribution à ses collègues sous forme de pixel. Pendant ce temps, le deuxième épisode, « Arkangel », nous montre une maman poule un peu trop connectée à sa progéniture, via un implant cérébral dernier cri. Ces scénarios, qui peuvent paraître tirés par les cheveux, se font pourtant l’écho d’une réalité où la surveillance et la quête du pouvoir nous entraînent dans des valses moralement questionnables.

Solutionnisme & Co : « Black Mirror » secoue le cocotier numérique

Mais la série va plus loin, en taclant deux belles utopies : le solutionnisme numérique (tout problème a sa solution .com) et le déterminisme de l’innovation (un grand OUI à la technologie, comme nouveau doudou de l’humanité). Ce sont les ingénieurs en col blanc de la Silicon Valley qui nous vendent le rêve d’un monde sans soucis résolu à coup de clics et de data. Mais « Black Mirror » met le doigt là où ça fait mal : ces « innovations » naissent souvent sans la moindre considération pour les complexités de la vraie vie ou les conséquences éthiques et sociales.

Voyage au bout de la technophilie

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, rappelons-nous que la sphère digitale est une jungle où les règles sont souvent dictées par le plus fort, et l’Humain semble vouvoyé par ses propres créations. « Black Mirror » n’est pas juste une série à savourer avec une généreuse dose de popcorn. Non, c’est un miroir aux alouettes qui nous pousse à questionner nos choix de société face à la déferlante digitale.

En somme, entre deux coups de cuillère à café, laissez-vous transporter par cette anthologie qui, loin de vous décrire les contrées lointaines d’un avenir dystopique, nous invite plutôt à réfléchir sur le monde que nous tissons ici et maintenant. Une dernière pensée avant d’éteindre nos écrans et de retrouver le doux bruit de la réalité : le progrès, c’est peut-être aussi savoir apprécier la saveur d’un monde moins connecté. À méditer…

more insights