Black Mirror Saison 4 : Faut-il plonger dans le reflet de notre futur technologique ?
L’odyssée du « miroir noir » commence
Ah, « Black Mirror », cette série qui nous fait autant frissonner que réfléchir sur notre société ultra-connectée. Lancée en 2011 par le visionnaire Charlie Brooker, elle a débuté, telle une rockstar, avec un épisode qui n’a laissé personne indifférent. Imaginez un peu : pour sauver une princesse, le Premier ministre britannique doit séduire, enfin, disons plutôt se rapprocher d’une manière plutôt… porcine, en public. Oui, vous avez bien lu. Devant tout le pays, pendu à leur cher « miroir noir » (vous savez, cet écran hypnotique qui vous nargue là, tout de suite), le dirigeant va-t-il être poussé à l’acte ultime?
Après cette entrée en matière, la série ne cesse d’interroger notre avenir numérisé et éthiquement bancal. Le succès est au rendez-vous, mais…
Le « Netflix Effect » édulcore-t-il le propos ?
Changeons de disque (d’ailleurs, existe-t-il encore ?) et parlons de cette saison 4. Avec l’adoubement par Netflix, « Black Mirror » a-t-elle perdu de sa superbe ? Les épisodes de cette dernière fournée seraient-ils des copier-coller high-tech sans âme de leurs prédécesseurs ? Charlie Brooker aurait-il épuisé sa source d’inspiration futuriste ? Ou peut-être, nos propres vies ressemblent-elles désormais tellement à une dystopie qu’on ne parvient plus à être ébahis ?
« Arkangel » vous mettra-t-il les nerfs à vif ?
Dès le début, nous suivons une maman prête à tout pour sécuriser l’existence de sa fille… y compris à travers une puce GPS digne du meilleur espionnage parental. Jodie Foster passe derrière la caméra et nous pose LA question : protéger sa progéniture, oui, mais à quel prix ?
« USS Callister » : et si le Geek était roi ?
Tout geek qui se respecte lâchera son sabre laser de joie devant cet épisode. Il est question d’un génie de l’informatique qui, frustré par ses collègues, crée son propre univers parallèle pour mieux y régner en tyran. On obtient un cocktail explosif et parfois hilare, un pied de nez ironique à la culture pop.
« Crocodile » : l’iceberg de la mémoire
Porté par la froideur magnétique d’Andrea Riseborough et la fragilité de Kiran Sonia Sawar, cet épisode vous fera réfléchir à deux fois avant de souhaiter que la police puisse accéder à tous vos souvenirs. L’intimité y est un territoire disputé, et le suspense de glace.
Histoires d’amour et de robots
« San Junipero » avait conquis les cœurs, « Hang the DJ » se veut son successeur spirituel en explorant la rencontre amoureuse à l’heure des algorithmes. Quant à « Metalhead », il nous offre une course-poursuite en noir et blanc contre un chien-robot, pour ceux qui aiment l’épique minimaliste.
« Black Museum » : fin de partie ou renaissance ?
Le dernier épisode joue avec la nostalgie de la série en nous proposant un cabinet de curiosités technologiques. C’est un peu le best-of du pire de « Black Mirror », la boucle est bouclée. La question est lancée : est-ce un baroud d’honneur ou le teasing d’une future résurrection ?
Et maintenant, que regarder ?
Si vous avez encore un appétit gargantuesque pour les fictions dystopiques, laissez-moi vous chuchoter à l’oreille quelques suggestions : « Le dôme », « 12 Monkeys », « Les 100 », « The Leftovers », « Humans », « 3 % », « Trepalium », « Westworld », « Transferts »…
Et puis, il y a, bien sûr, « La servante écarlate » – le joyau de la couronne, l’apothéose de la dystopie, où Elizabeth Moss nous laisse bouche bée et le cœur serré devant une vision du futur qui, espérons-le, ne se matérialisera jamais.
Alors, chers lecteurs avides de frissons futuristes, concluons-en que si la saison 4 de « Black Mirror » n’a peut-être pas l’éclat brut des premières saisons, elle possède encore assez de miroitements pour nous captiver. Et, qui sait, la saison 5 pourrait bien nous réserver de nouvelles reflets inattendus. Restez branchés !