Big Brother vous fait un clin d’œil en 2017
Ah, 1984! Une année bien charmante avec ses synthétiseurs, ses coiffures volumineuses… mais attendez, ne nous égarons pas dans les méandres de la mode! Nous parlons ici non pas des fantaisies capillaires, mais bien du roman prophétique d’Orwell. Et si je vous dis que, sans que vous ne l’ayez vraiment remarqué, Big Brother a troqué son télécran contre votre smartphone, votre télé et votre si rassurante caméra de sécurité?
Votre quotidien: scénario dystopique ou réalité augmentée?
Alors, levez-vous, bons citoyens! Votre café matinal est surveillé, et dès que vous prononcez le mot « terroriste », regardez par-dessus votre épaule – le mur (pas celui de Facebook, l’autre) vous écoute peut-être. Et amis paranos, rassurez-vous, le grand méchant nous a bel et bien quitté… ou presque.
En chemin, vous croisez une silhouette voilée… Et hop! Une petite pointe d’adrénaline, car qui sait ce qui se cache derrière ce tissu (Un Transformer déguisé? Qui peut être sûr?).
Apprendre, jouer, détester : un cycle vertueux?
Une fois chez vous, c’est l’heure de transmettre les valeurs essentielles à la progéniture: regarder son écran de préférence! Car c’est bien connu, plus on lit de notifications sur son bonheur futur, plus on est heureux, n’est-ce pas? Les émissions de télé-réalité vous apprendront à déverser votre fiel, seuls ou en groupe, quelquefois plus longtemps que votre pause repas.
Et la vie intime dans tout ça? Bof, le porno en VR est tellement plus clinquant! Pour la bouffe, contentons-nous de cette drôle de poudre magique vendue par des stars de la cuisine, au goût aussi artificiel que leur sourire.
Quand la musique et les mots ne font plus qu’un (avec la machine)
Mais quelle mélodie douce nous arrive aux oreilles? Un tube conçu par un algorithme romantique en manque d’humanité? Pendant ce temps, nous dévorons des articles pondus par des imprimantes à idées reçues, dans un ballet incessant de réécriture de l’histoire à la sauce « succès perpétuel ».
Double-langage, double-pensée? Si doux à l’oreille qu’on finit par croire que perdre son emploi, c’est presque gagner au loto de la vie professionnelle, non?
Un président plus frère que frère
Et notre président, n’est-il pas ce grand frère affectueux, ce champion toutes catégories de l’ordonnance et de la vision panoramique? Un critique? Aucun problème, l’état d’urgence est là pour dissoudre tout malentendu, et sous des airs bienveillants, il déposera un doux voile sur vos libertés pour mieux vous endormir.
Au travail, nous sommes tous patrons de notre précarité. Les privilèges? Réservés aux camarades du parti unique, bien entendu. Santé, voyages, domestiques (oups, je voulais dire « collaborateurs »), tout cela en exclusivité pour les initiés qui idolâtrent Big Brother.
Et si le temps était une affaire d’État?
La grande victoire, c’est cette guerre qu’on ne cesse de gagner, ou presque, pour que la peur vous colle à la peau et que le gouvernement reste le maître du jeu.
Pas de temps à perdre pour les questionnements existentiels, il faut faire, faire, faire! Et pour les esprits rebelles, la sanction est telle que bientôt, ils regretteront d’avoir seulement osé penser.
L’heure du choix: dystopie ou réalité?
Maintenant, vous qui lisez ces lignes, secouez la tête. Un ricanement peut-être? « Tout ceci n’est que fiction! » vous dites-vous. Après tout, nous sommes en démocratie, non? Quel mal pourrait bien en découler, hormis une légère indigestion de propagande?
Heureusement que nous sommes en 2017, et que toutes ces divagations ne sont que les délires d’un auteur un peu trop mordu de romans d’anticipation, n’est-ce pas?