Après le vertige virtuel, le blues réel ?
Ah, la réalité virtuelle ! Cette promesse d’évasion sans bouger de son canapé, l’eldorado des geeks et des rêveurs en manque d’aventures. Mais que se passe-t-il quand on retire le casque et que l’on atterrit de nouveau dans notre salon moins exaltant que les terres d’une contrée lointaine ou l’intrigue d’une aventure spatiale? Zoom sur ceux que l’on pourrait appeler les « désenchantés du casque »…
Quand la « VR » joue avec notre caboche
Soit on trompe le cerveau pour le meilleur, soit pour… lui faire voir des licornes! Le concept de la réalité virtuelle est assez rusé : on leurre nos sens avec des images et des sons si prenants que notre matière grise se croit en vacances dans une dimension parallèle. Et quel pied c’est !
Sauf que, patatras, une fois l’expérience terminée, la réalité nous rattrape à la vitesse d’un métro bondé un lundi matin. Notre cerveau, un peu sonné, réalise qu’il n’était pas un super-héros capable de voler ou un DJ adulé : il se retrouve là, dans notre vie, scandalisé par le manque d’effets spéciaux.
La mélancolie du « orbiter » du dimanche
Tobias, jeune utilisateur berlinois, nous révèle qu’après avoir plané dans les limbes numériques, il ressent une tristesse immense. D’aucuns réconfortent avec du chocolat, Tobias lui, broie du noir parce qu’il ne peut pas transformer son plafond en ciel étoilé.
Peut-on vraiment lui en vouloir? Après avoir côtoyé des mondes où les lois de la physique sont aussi malléables qu’une pâte à modeler, le retour à la réalité peut avoir un goût de soupe tiède. Pour Tobias, le monde « IRL » (In Real Life) est devenu aussi plat qu’une crêpe sans garniture.
La roulette russe des émotions
Dans le cercle savant des experts, deux chercheurs britanniques se sont penchés sur ce phénomène et ont lancé un pavé dans la mare virtuelle : selon eux, « il y a de quoi se poser la question d’un trouble de dépersonnalisation et de déréalisation » chez les fervents utilisateurs de la VR. En gros, on risquerait de ne plus savoir si on est dans la matrice ou chez mamie.
D’autres témoins évoquent qu’une petite session de VR arrosée ou « épicée » peut amplifier cette sensation de « bad trip de réalité ». Comprenez par là que mixez alcool, drogues et casque de réalité virtuelle, et vous obtenez la recette parfaite pour que votre cerveau vous demande de le laisser hors de ce jeu-là.
VR : Vital Respect requis
Les études sur le sujet étant plus rares qu’une licorne faisant du stop, il convient de prendre des pincettes avec ces récits. Mais une petite voix nous souffle que la réalité virtuelle, c’est comme le bon vin ou les séries binge-watchées : à consommer avec modération.
Pour éviter de se retrouver plus désorienté qu’un GPS en panne, mieux vaudrait garder ses pieds bien ancrés dans la réalité et son esprit clair. Autrement dit, on évite les trips en réalité virtuelle sous influence pour ne pas confondre finalement le chat avec un avatar et la bouteille de lait avec un sabre laser.
Après tout, embarquer dans le manège virtuel, c’est passionnant, mais il ne faudrait pas oublier de profiter aussi des montagnes russes de la vraie vie, celles où l’on ressent le vent dans les cheveux et l’adrénaline dans le cœur plutôt que dans les pixels.