La VR, ou comment j’ai appris à arrêter de m’inquiéter et à aimer l’oubli
Ah, l’oubli! Ce compagnon insaisissable qui choisit toujours le moment propice pour jouer à cache-cache dans notre cerveau. Vous savez, ce moment où vous traversez le seuil d’une porte et… pouf! Votre mission initiale s’évapore aussi rapidement qu’une goutte d’eau sur une poêle chaude. Ah, les joies du « Doorway Effect »!
Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’amnésie
Imaginez la scène: vous vous levez déterminé pour récupérer vos clés dans la cuisine. Vous marchez, chaque pas fort de votre intention… et arrivé là, c’est le néant. Qu’était-ce donc déjà? Ah oui, je venais chercher… euh… de l’affection? Non, ce n’était sûrement pas ça. Eh bien, rassurez-vous, ce n’est pas un début de déclin cognitif, mais plutôt une célébration du bon fonctionnement de votre matière grise.
Votre cerveau, ce héros sans cape
Autrefois, les têtes pensantes comparaient la mémoire à un classeur bien rangé. Une analogie charmante mais aussi utile qu’un parapluie troué. Notre cerveau n’est pas un passe-plat des souvenirs! Il ressemble davantage à un ordinateur de la NASA qui jongle entre cent logiciels ouverts tout en calculant la trajectoire d’une comète, un vrai prodige multitâche.
L’expédition virtuelle de Gabriel A. Radvansky
En 2011, Gabriel A. Radvansky, explorateur des neurones, et son équipe nous livrent une étude pétillante. Cinquante-cinq étudiants se prêtent au jeu (virtuel, on s’entend) de déplacer des objets d’une pièce à l’autre. La subtilité? Ces objets sont emballés dans de mystérieuses boîtes invisibles, et des images trompeuses s’affichent à chaque entrée dans une nouvelle pièce, incitant nos cobayes humains à deviner si c’était bien le trésor caché qu’ils portaient.
Qu’arrive-t-il donc quand vous franchissez la frontière d’une pièce à une autre? Les réponses deviennent aussi floues que la notion de régime après Noël, et ce, indépendamment de la pièce où ils se trouvent.
La porte, ce gouffre spatio-temporel
Il semblerait que notre cerveau interprète les portes comme des points de rupture scénaristique dans la série dramatique qu’est notre vie quotidienne. Changez de pièce, et vous changez de décor et d’intrigue. Notre cerveau, réalisateur zélé, décide alors qu’il est temps de nettoyer la scène pour le prochain acte.
Pilote automatique: ON
Bien sûr, garder le cap dans cette tempête de changements contextuels n’est pas une mission impossible. Toutefois, cela requiert une concentration digne d’un maître du sudoku.
Alors, si vous avez décroché de notre histoire et que vous ne souvenez plus pourquoi vous êtes là, ne vous alarmez pas. Il semble que notre cerveau soit tout bonnement câblé pour jouer les Houdinis avec nos pensées. Encore une victoire du « Doorway Effect ».
Et maintenant, si vous me cherchez, je serai dans la cuisine… non, la salle de bain… ou peut-être de retour ici… pour retrouver pourquoi j’ai commencé cet article en premier lieu!