Pokémon Go Bloqué en Chine: Sécurité ou Censure?

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Dans un monde où les Pokémon se promènent librement dans nos parcs et nos rues, il semble que la Chine ait décidé de ne pas attraper le phénomène mondial du nom de Pokémon Go. En effet, ce jeu qui a fait fureur de San Francisco à Tokyo a eu un stop net à la frontière chinoise : le gouvernement se pose des questions plus sérieuses que « Combien de CP a ton dernier Magicarpe? »

Des monstres de poche sous haute surveillance

L’application Pokémon Go, créée par Niantic, et ses petits camarades de la réalité augmentée ne seront pas de la partie sur le marché chinois, du moins pas pour le moment. La raison? Les autorités chinoises souhaitent prendre le temps d’analyser la potentielle menace que représentent ces monstres numériques pour la sécurité nationale et celle, bien réelle, des citoyens. C’est sûr que de traquer un Rattatacul au beau milieu de l’autoroute n’est pas exactement l’idée que se fait Pékin d’une promenade dominicale sécuritaire.

Un phénomène global mais pas encore globalisé

Pourtant, Pokémon Go a conquis des millions de dresseurs autour du globe, munis de leur smartphone et d’une bonne paire de chaussures, mais la Chine, avec son marché colossal des téléphones intelligents et des jeux en ligne, ne semble pas pressée d’accueillir ces créatures virtuelles. Peut-être est-ce parce que les écrans surchargés de petits monstres pourraient devenir une distraction mortelle pour les piétons et conducteurs? Ou peut-être est-ce l’inquiétude relative à la confidentialité des données géolocalisées qui effraie le censeur chinois?

Sécurité nationale ou peur des fantômes (digitals)?

Sous l’oeil vigilant de l’Administration d’État de la presse, de l’édition, de la radio, du cinéma et de la télévision, les jeux basés sur la réalité augmentée vont devoir prouver qu’ils ne sont pas de petits espions digitaux avant de pouvoir faire battre le pavé à des millions de Chinois. La commission des jeux vidéo surveille comme le lait sur le feu ces potentielles menaces qui pèsent sur la géolocalisation et la sécurité des transports, ainsi que l’intégrité physique des chers citoyens.

Entrepreneurs locaux dans le viseur du dragon

Et que dire de ces pauvres développeurs de jeux chinois qui rêvent de créer leur propre version du succès mondial? Ils sont également dans le collimateur du gouvernement, qui semble redouter que ces jeux de réalité augmentée ne tracent un peu trop fidèlement la carte des déplacements des citoyens. En clair, le gouvernement a le gyroscope un peu trop sensible, on dirait.

Niantic aux abonnés absents

Quant à la réaction de Niantic, le concepteur de l’application, autant chercher un Léviator dans le désert de Gobi, pas le moindre commentaire n’a été fait. On peut les comprendre, expliquer à une superpuissance qu’un jeu de petits monstres inoffensifs est sans danger, c’est comme essayer d’apprendre à un Metamorph à ne pas imiter.

En conclusion, si vous êtes en Chine et que vous avez des démangeaisons de dresseur Pokémon, vous allez devoir patienter. Mais ne perdez pas espoir, qui sait, peut-être qu’un jour des Bulbizarre et des Caninos gambaderont sur la place Tiananmen, sous l’œil attendri des passants… Ou pas.

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