Au confins de la VR : Open Mind Innovation passe mon esprit à la loupe !
Quand la réalité virtuelle se mue en psychologue
C’est un beau jour de mai 2018 et me voilà face à un questionnaire aux airs de rendez-vous chez le psy version futuriste. La mission, si j’ose accepter : remplir ces cent questions pour obtenir mon « bilan cognitif, comportemental et émotionnel ». Qui oserait dire non à une exploration aussi pointilleuse de son moi intérieur ?
La boîte à malices qui me propose ce voyage cérébral s’appelle Open Mind Innovation. En petit curieux que je suis, j’ai fouiné leur site pour dénicher ce qu’ils mijotent. Verdict : des neurosciences appliquées à la VR pour garder notre petit cerveau agile et guilleret, tout au long de notre trépidante existence.
La première étape de mon odyssée introspective, ce fameux questionnaire, me laisse tantôt perplexe, tantôt amusé. Des questions comme « Êtes-vous du matin ou du soir ? » se mêlent à des affirmations plus philosophiques du type « La vie est courte, mange le dessert en premier ». C’est à se demander si le chocolat ne serait pas la clé de notre salut émotionnel.
Une épopée en questions sans mauvaises réponses
La suite est un enchaînement joyeux de réponses subjectives où je m’auto-analyse avec l’aide de mes nouveaux amis : les concepteurs de ce drôle d’examen. « Soyez sincère », me rappelle-t-on, qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. C’est rassurant… quoique.
Vint ensuite l’épreuve de la VR, que l’on m’a vendue comme une « évaluation neurophysiologique ». J’avoue, ça en jette. Je suis accueilli dans les bureaux façon zen de l’Espace Kwerk, où Guillaume Victor-Thomas, CEO et fondateur, me conte sa vision. Parti d’une expérience de stress proche du burn-out, Guillaume a bâti Open Mind Innovation sur l’idée que nos cerveaux sont plastiques et qu’avec un soupçon de neurotechnologie, on pourrait leur apprendre la zenitude.
Le jour J : mon cerveau, les capteurs et moi
Quand arrive le moment de la vérité, je me retrouve dans une pièce tamisée, face à un fauteuil qui s’apparente plus à un vaisseau spatial qu’à un outil de relaxation. Entre captation de battements de coeur, conductance électrodermale (rien que ça) et mesure de l’activité respiratoire, je suis équipé pour partir à la conquête de ma tranquillité perdue.
La réalité virtuelle se dévoile alors à moi. De la méditation avec effet visuel incorporé à la défense d’un vaisseau spatial contre des drones agressifs, jusqu’à la contemplation apaisante de mes propres signaux physiologiques transformés en musique, je vis une symphonie psycho-corporelle inédite.
Les résultats : entre étonnement et éclats de rire
Quelques semaines plus tard, me voici de retour pour le grand déballage des mystères de mon esprit. Mickaël Eskinazi, psychologue et neuroscientifique, déroule le fil de mon bilan : de ma perception de moi-même à ma réactivité face au stress, je découvre la partition de mon être.
Malgré des catégorisations parfois rigides, l’analyse globale me frappe par sa justesse. Enfin, j’apprends que mon souffle court et ma cohérence cardiaque peuvent être améliorés par une respiration plus profonde et une méditation appliquée. Je repars avec quelques conseils, un bilan digne d’un manuscrit scientifique, et surtout, une expérience que même une invasion extraterrestre ne m’aurait pas fait vivre.
Dernier clin d’oeil avant de ranger le casque
En franchissant le seuil du monde réel, mon bilan volumineux sous le bras, je me promets de ne pas le laisser sombrer dans l’oubli d’un tiroir. Qui sait, peut-être me servira-t-il quand les drones de mon quotidien viendront à l’assaut de ma sérénité, armé désormais d’un casque de réalité virtuelle et d’une respiration de ninja.