La révolution de la fiction: Quand la VR s’invite sur grand écran!
Avatar, c’était hier: aujourd’hui, place à la VR!
Rappelez-vous, c’était 2009, on enfilait des binocles 3D pour plonger dans Pandora, et James Cameron nous faisait miroiter que désormais, la révolution cinématographique serait en relief. Mais voilà, une décennie a passé et le cinéma en 2D n’a pas plié boutique. Les TV 3D, ces vieilles choses, semblent aussi dépassées que les VHS. Les belles promesses d’immersion ont, il faut l’admettre, fait pschitt.
Un festival qui joue avec nos sens
Mais ne pleurez pas sur le sort de la 3D, car le festival NewImages, qui se déroule au Forum des images à Paris, agite de nouveaux joujoux devant nos yeux ébahis: réalité virtuelle et récits interactifs sont le nouveau cri de guerre des cinéphiles branchés.
Au revoir « l’expérience », bonjour immersion totale
Ed Solomon, le scénariste de Men in Black, vient tempérer les ardeurs révolutionnaires. Avec Mosaic, il offre une série classique doublée d’une app où l’on mène l’enquête à son rythme. Le festival, lui, nous dévoile le monde enchanteur des courts métrages VR. Hors de question de se limiter à ces « expériences » de marche dans le vide ou de vol au-dessus de Paris qui font perdre l’équilibre et quelques euros.
De l’art de réinventer la narration
Camarades, il nous faut nos propres Eisenstein de la VR! Tel est le cri de cœur de Marc Caro, qui souligne l’importance de garder le contrôle de ces technologies avant que publicitaires et marques ne nous vendent du rêve en canette.
Eko, société israélienne, a compris le message et propose des films interactifs aussi captivants que des clips publicitaires, en réalité augmentée ou non.
Le dilemme de l’interaction: jeu ou cinéma?
À mesure que s’estompent les frontières entre jeux vidéo et cinéma, on s’interroge. Alon Benari d’Eko avoue puiser dans le jeu vidéo pour enrichir ses récits, promettant des histoires avec acteurs en chair et en os et une pointe de participatif. Ed Solomon, lui, tient à rappeler que malgré les apparences, le spectateur suit le chemin tracé par le créateur.
La convergence créative ou quand tous les arts se rencontrent
Solomon regarde cette nouvelle ère narrative avec l’enthousiasme d’un gamin et travaille sur des projets interactifs qui sont « plus longs, plus fun, et diablement plus aventureux » à développer qu’un film traditionnel.
Marc Caro et Ed Solomon soulignent que l’interactivité ouvre des horizons sans fin pour renouveler la narration, même si pour l’heure, cela revient à choisir entre deux scènes qui influencent le récit différemment, comme un « Choisis ton aventure » en VR très haut de gamme.
De la VR, oui, mais à quel prix?
Les nouvelles fictions VR, chouchoutées par des Zuckerberg et autres magnats du web, attirent peu à peu l’attention des investisseurs traditionnels. Le CNC, par exemple, n’est pas avare en financements. Mais l’obstacle matériel reste entier, avec des masques aussi chers qu’éphémères. Antoine Cayrol prédit une vague de salles VR, et de fait, plusieurs existent déjà, prêtes à emmener les groupes d’amis dans des aventures à 360°.
Retour à la genèse de la technologie
Marc Caro compare cette époque à l’aube du phonographe: nous n’en sommes qu’aux balbutiements d’un art plus global et sensoriel. Remplacer le cinéma traditionnel? N’avaient-on pas également prédit que la télévision signerait la fin du grand écran? Ces innovations ne sont là que pour élargir le spectre des possibles, et non pour refermer des portes.