La VR : quand la technologie vous câline pour sauver le monde
Empathie, ce mot star au firmament de Google
En 2016, le terme « empathie » a squatté les podiums des tendances Google, et surprise, ce n’était pas pour devenir le prénom à la mode chez les nouveaux-nés! Non, non, « empathie » s’est mis à jouer les vedettes à côté de gros mots comme « Pokémon Go » et « Brexit ». Ce buzz autour de l’empathie, c’est un peu comme si tout le monde avait soudainement réalisé qu’on n’était pas des pierres, et qu’on avait peut-être un cœur gros comme ça, surtout quand on entend parler des interviews de Charlize Theron et de Richard Gere, ou encore cette pétition sur change.org qui dépeint Donald Trump comme le grand méchant loup du conte de fées moderne.
À l’école de la compassion
Au pays du hygge, les petits Danois apprennent l’empathie comme on apprend les tables de multiplication. Même chose chez les cousins canadiens et même à l’université française, où l’on joue à « tu seras un doc compatissant mon fils ». Andreas Pinotti, un esthète italien, lâche que notre amour naissant pour l’empathie est une vieille recette remise au goût du jour grâce aux neurosciences, ces nouvelles rockstars de la science.
Un peu de cinéma (ou plutôt de neurologie) et voilà l’empathie en star politique
Elle était là, bien cachée dans des coins de notre cerveau : la découverte des neurones miroirs dans les années 90 nous a fait dire « Ah mais oui, c’est donc ça être humain! »—un peu comme dans « Blade Runner », mais sans les replicants. Et puis voilà Jeremy Rifkin qui nous chante les louanges de l’ère de l’empathie. Pour certains, se mettre à la place de l’autre c’est devenu aussi naturel que de respirer.
Grâce à la VR, versez une larme virtuelle pour devenir meilleur
Netflix nous propose gentiment de faire un don aux ONG après avoir visionné un docu qui nous fait monter la larmichette. Et l’ONU, toujours à la pointe, invite à une promenade en réalité virtuelle aux côtés d’une jeune fille syrienne, avec des succès de levée de fonds à la clé.
Une expérience digitale, peut-être, mais l’empreinte humaine alors?
Des vaches numériques à l’abattoir nous feraient-ils devenir écolo compatissants, demandent les chercheurs? Peut-être, mais pour beaucoup, l’empathie, c’est comme le fromage : mieux vaut le vrai que l’imitation. « Voir, toucher, ressentir », répond Fred le psy, pensif.
À quand la fin des avatars compatissants?
Rifkin avait des étoiles dans les yeux il y a sept ans, croyant au grand partage virtuel. Mais, finalement, le supermarché de l’empathie semble avoir ses rayons un peu vides. Paul Bloom, lui, nous met en garde dans son livre « Against Empathy » : trop d’émotions, c’est l’overdose assurée, et derrière le masque de l’empathie se cachent parfois des loups.
Et si, finalement, on apprenait la compassion sans VR?
« Apprendre à être humain sans casque VR ? » s’interroge Tordo. Être empathique pour soi, c’est un peu comme manger un gâteau tout seul dans son coin. La VR nous a fait rêver, oui, mais gardons peut-être un pied sur Terre pour vraiment tendre la main à celui qui en a besoin. Après tout, ce n’est pas parce qu’on ne pleure pas en pixels qu’on n’a pas un cœur gros comme ça.