AER: Jeu de Vol Post-Apocalyptique | Critique

AER : Quand les cieux deviennent votre terrain de jeu

Le grand saut poétique post-apocalyptique

Imaginez un monde où la Terre n’est plus qu’un souvenir poussiéreux, où les îles flottantes sont le dernier refuge de l’humanité. C’est dans ce décor d’apocalypse bon enfant que Daedalic Entertainment, notre maestro du jeu vidéo basé à Hambourg, a recruté le studio suédois Forgotten Key pour donner naissance à AER : Memories of Old. Un brin à l’automne 2017, ils nous proposent un voyage aérien dans les plumes d’une héroïne qui troque à volonté ses jambes contre des ailes. Si l’altitude vous est aussi familière que votre canapé, alors accrochez vos ceintures… ou plutôt, étalez vos ailes !

Une mission pour un faucon… ou presque

Dans cette ère post-dislocation (oui, c’est comme une dislocation d’épaule, mais à l’échelle planétaire), notre prêtresse Karah et sa lumière brillent comme l’ultime étincelle d’espoir. Mais ne rêvez pas trop, il ne s’agit pas d’une saga romantique. Vous, oui, VOUS, prenez les rennes d’Auk (et appelez un faucon pour un renne si ça vous chante) pour rassembler les morceaux d’un talisman mystique, seul sésame vers le créateur de cet univers éparpillé.

Avec pour seules armes le don de se transformer en un oiseau renardeau et une bonne dose de témérité, votre périple céleste vous lancera au travers de nuages et de mystères à percer. N’est-ce pas fantastique de pouvoir serpenter le ciel, sans besoin de peaufiner votre CV pour Air France ?

Un pas sur Terre pour deux coups d’ailes

Avant que la poésie ne vous emporte trop haut, souvenez-vous qu’un peu de terre ferme reste essentiel pour mettre la main sur ces fameux morceaux de talisman. Trois temples, trois clés, trois puzzles… Vous voyez le topo. Même si l’idée de déverrouiller porte après porte avec une lanterne peut sembler aussi passionnante qu’une formation accélérée sur Excel, on vous promet que l’aventure vaut le coup, sans aucun risque de chute mortelle !

Ne cherchez pas l’action trépidante, ici, le combat le plus acharné que vous mènerez sera probablement contre l’envie de siester en plein vol, bercé par la bande-son relaxante.

La symphonie des sens

Élégance graphique et délices auditifs, AER envoûte vos sens comme un restaurant étoilé émerveillerait vos papilles. Les designs s’inspirent de la nature, mais aussi de Tron et du cyberpunk pour quelque néon inattendu dans un monde qui se la joue plutôt Amérique précolombienne chic. L’évasion, ici, rime avec sensation, et la musique est au diapason : un pur délice pour les oreilles.

Ces trois petits mots, « C’est beau ! », vont devenir votre mantra. La direction artistique peut faire pâlir de jalousie Picasso dans sa tombe, tandis que la composition sonore vous portera doucement sur les ailes d’une brise légère. La gracieuse détente de la bande-originale rend chaque vol aussi relaxant qu’une session de yoga intense… mais flatulente.

Les notes de l’envol

Et ça monte…

– Un monde au bord du gouffre, poétique et passionnant, avec sous-titres français pour ne rien gâcher

– Voler, cette liberté inouïe que vous n’aviez jamais soupçonnée

– Une beauté graphique à couper le souffle

– Des mélodies qui bercent votre âme d’aventurier ailé

Et ça… redescend…

– Des casses-têtes qui brillent par leur simplicité (et c’est dommage)

– Plus court qu’un épisode de « Plus belle la vie » (moins de 4 heures, tic, tac, tic, tac)

AER est cet objet vidéoludique non identifié qui vous hypnotise par ses graphismes et sa mélodie. La liberté y est reine, dans un monde aussi désespéré qu’époustouflant. Dommage que les énigmes ne varient guère, et que la durée de vie s’évapore plus vite qu’une goutte d’eau dans le Sahara. Mais, évitant ainsi la monotonie fatale, cette aventure contemplative et aérienne vous laissera un souvenir aussi précieux qu’un bisou de grand-mère.

more insights