Des Avatars en Blouse Blanche : La Réalité Virtuelle au Service de la Schizophrénie
Imaginez un peu : des jumeaux numériques qui prennent soin de votre esprit, des alter egos virtuels qui se promènent dans un monde parallèle pour vous aider à retrouver vos marques sociales… C’est presque comme si on vivait dans un épisode de Black Mirror sauf que, cette fois, c’est pour la bonne cause!
À Montpellier, les Avatars Font leurs Internats!
C’est au Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier que cette scène quasi-fictionnelle prend vie. Une armée de personnages virtuels, une quarantaine pour être précis, se prêtent au jeu d’une étude clinique à la pointe de la technologie. Les nerds en blouse blanche de cette institution se posent une question qui semble sortie tout droit d’un roman de science-fiction : la réalité virtuelle, c’est bon pour la tête?
La Vie Version 2.0 de Mehdi
Prenons l’exemple de Mehdi Hafis, un jeune homme de 27 ans dont l’existence a basculé dans le tourbillon de la schizophrénie. Finis les services au resto, Mehdi a dû ranger son tablier lorsqu’il a commencé son traitement, tout sauf léger. Aujourd’hui, il navigue dans les eaux mouvementées du rétablissement en quête de normalité. « Avant, je pensais que schizophrénie rimait avec dédoublement de personnalité, » nous raconte-t-il, « mais j’ai vite appris que c’était plus compliqué. Imaginez un peu : il y en a qui entendent des voix, d’autres voient des choses étranges, et moi, je soupçonne même mon ombre. Au début, j’étais terrifié à l’idée que ma vie allait être modifiée en mode ‘difficile’. »
Un Casting d’Avatars pour le Prix d’un Cachet
Mehdi est l’un des 40 volontaires qui se sont lancés dans un projet européen de recherche, un peu comme une troupe d’acteurs expérimentaux qui espère donner naissance à des méthodes de thérapie moins ennuyeuses. Leur rôle dans tout ça? Simplement être eux-mêmes… ou presque. Ils ont chacun un avatar, une copie virtuelle fidèle, prête à suivre leurs moindres mouvements.
Votre Clone Virtuel Peut-il Vous Faire du Bien?
Robin Salesse, un as des sciences du mouvement humain à l’université de Montpellier, nous brosse le tableau : « On reproduit des avatars qui ressemblent à s’y méprendre aux personnes. On s’amuse avec des similitudes de mouvements et de comportements, et grâce à des capteurs super pointus, on capte et on extrait ce qui fait la spécificité du bougé de chacun pour l’injecter dans l’avatar. » C’est comme si on jouait à la poupée, mais avec une tonne de câbles en plus.
Mimétisme Numérique : Quand Vous Êtes le Miroir de Vous-même
Nos explorateurs de l’esprit s’appuient sur la sympathique théorie de la ressemblance, qui suggère qu’on s’entend mieux avec ceux qui nous ressemblent. Delphine Capdevielle, psychiatre au CHU et collaboratrice clandestine de l’équipe scientifique, souligne : « Quand on voit un avatar qui est le portrait craché de notre personne, on a tendance à mieux écouter ce qu’il dit. On imagine que cela rendra la thérapie plus cool et plus efficace. » Copié, imprimé, entendu!
Des Équations pour Retrouver le Sourire
Des scanners corporels, des capteurs de mouvements ninja et des calculs mathématiques qui donneraient un mal de tête à Einstein ont été nécessaires pour donner vie à ces avatars. Krasimira Tsaneva-Atanasova, une mathématicienne qui jongle avec les algorithmes à l’université d’Exeter, nous éclaire : « Notre formule magique est universelle. On peut l’appliquer à des groupes, des individus, avec ou sans pathologie. Ah, la splendeur des maths! »
La Tech à Domicile : Le Futur est Presque Là
Pour ces magiciens du neurone, l’objectif ultime est de mettre au point une technologie fiable, efficace et, tenez-vous bien, économique. « Cette merveille de technologie, vous pouvez la télécharger illico-presto. Elle fonctionne avec la caméra de votre smartphone ou votre ordinateur », prédit Benoît Bardy, coordinateur spécialiste du mouvement chez l’homo sapiens moderne. Plus besoin de se déplacer, c’est l’avatar qui vient à vous!
Un Coût Virtuel Pour Un Bénéfice Bien Réel
« Nos patients ne roulent pas sur l’or, » nous rappelle Delphine Capdevielle avec un soupçon d’urgence. « Il est primordial que cette technologie reste accessible sans creuser davantage les inégalités qu’ils doivent déjà affronter. » Parce qu’après tout, dans cette histoire où la réalité rejoint la fiction, il est question avant tout d’humanité, et la solidarité, c’est pas virtuel.