No Man’s Sky: Exploration ou Ennui Galactique?

L’odyssée désopilante de No Man’s Sky : voyage au centre de la banalité cosmique

L’existentialisme du cosmonaute solitaire

Avez-vous déjà eu l’impression soudaine de vous réveiller, devant No Man’s Sky, comme dans un rêve étrange où l’on se questionne sur le sens de notre existence ? Qui suis-je ? D’où viens-je ? Et surtout, pourquoi je me suis levé ce matin pour contempler le vide intersidéral ? Heureusement, dans cet univers, contrairement à notre routine quotidienne, on peut vite se consoler en sautant dans notre vaisseau interstellaire direction inconnue, pour, qui sait, trouver une planète où la vie serait un peu moins… ennuyeuse.

Imaginez que vous ayiez à votre disposition 18 446 744 073 709 551 616 planètes – un chiffre qui donne l’envie de ressortir sa calculatrice Casio de la 6ème pour vérifier qu’elle ne bugue pas. Pour faire simple, si l’on distribuait équitablement, chaque habitant de la Terre pourrait revendiquer 2,5 milliards de petits cailloux spatiaux personnels. Autant dire qu’on a largement de quoi faire une belle collection de timbres extraterrestres. Mais alors, qui a basculé ces mondes dans notre réalité virtuelle ? Nos amis de chez Hello Games, une équipe bougrement ambitieuse de quinze personnes, ont utilisé un mécanisme magique : la génération procédurale. En gros, un mix d’éléments graphiques et d’algorithmes savants s’allie pour créer des mondes tous plus exotiques les uns que les autres. Des planètes où les dinosaures ont des airs de pastèques et où le surréalisme côtoie le quotidien.

La douce mélodie de la solitude

Mais tout l’enjeu de No Man’s Sky n’est pas tant de voir mais de voyager. Une balade spatiale qui vous ramène à l’essentiel, à la solitude des étoiles et à un vide existentiel qui pourrait bien vous apprendre quelque chose sur vous-même. Voici le joueur, seul avec lui-même, à nommer plantes, animaux et planètes à sa guise. Une trace dans le cosmos, comme on graverait son nom dans l’écorce d’un arbre. Ces petites signatures numériques perdues dans l’immensité, c’est votre petit « coucou » à l’univers.

La grande vadrouille galactique

Arpenter ces mondes, c’est comme flâner dans un hypermarché géant où chaque allée dévoilerait un nouvel écosystème loufoque. On y marchande avec des extraterrestres, on répare son vaisseau et on joue à chat avec des robots-patrouilleurs peu sympathiques. Si serial shopper vous êtes, attention, No Man’s Sky rend accro. Mais après avoir tout vu, après avoir sans doute dépouillé quelques planètes de leurs précieuses ressources, l’appel de l’inconnu se fait entendre. Quelle sera votre prochaine escale dans cet infini désormais à portée de main ?

Quand les promesses intergalactiques dépassent la réalité

Dans ce vide espace, une lueur d’espoir vous est proposée : une quête mystérieuse vers le centre de la galaxie. Mais tenons-nous là notre Saint-Graal ou simplement le mirage de nos désirs inassouvis ? No Man’s Sky, c’est un peu le blockbuster indépendant monté sur échasses à Hollywood par Sony. Sean Murray et son équipe promettaient le cosmos en bocal, un univers infini peuplé de créatures en tous genres. Des promesses gigantesques qui, après des années d’attente, se transforment pour certains en véritable creux noir de déception. Des menaces de mort, des demandes de remboursement, la grogne des joueurs déçus… Mais était-il possible de satisfaire de telles attentes ?

No Man’s Sky, c’est un peu la vie : on imagine des fantaisies, on se heurte à la réalité, et parfois on se surprend à trouver du beau dans la monotonie. Un vrai jeu vidéo existentialiste, qui vous pousse à méditer entre deux sauts hyperespace. Après tout, qui n’a jamais rêvé de s’échapper vers les étoiles, même si c’est pour revenir bredouille d’un voyage sans fin ?

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