Image : le tactile a charmé nos sens (étude)
La photo, ce dinosaure qui ne se laisse pas zoomer!
Cet hiver, pendant que le gros bonhomme en rouge faisait sa tournée, j’ai décidé de plonger dans le passé avec un vieux grimoire… pardon, un album photo familial! J’étais là, montrant à une adorable chipie de cinq ans – qui n’avait d’adorable que la taille – une image d’antan de ma maman, jeune comme la fraîcheur printanière des années 40. Imaginez la scène : la môme et moi, nostalgie au creux des genoux, quand soudain, elle pose ses petits doigts futés sur le visage de ma mère et… tente de zoomer! Eh oui, l’ère de Pac-Man est révolue, mes amis, nous voilà à l’heure où les images sont devenues aussi insaisissables qu’un savon mouillé!
La réaction fut prompte : rien ne bougeait sur la photo, l’image semblait aussi figée que l’expression du garde de Buckingham. La fillette perdit aussitôt tout intérêt pour ma mère, sa robe d’époque et sa coiffure soporifique, et détala aussi vite qu’un lapin devant un renard, me laissant là, avec l’histoire familiale déployée sur mes genoux.
Walter Benjamin avait donc raison…
Pour les non-initiés, Walter Benjamin, un penseur allemand avec un nom qui sonne comme un magasin de peinture, a jadis prédit que notre expérience de l’image se métamorphoserait en un cinéma tactile, où les doigts seraient les stars. Devant moi, avec ces mimines d’un membre de la « génération écran tactile », je voyais cette prophétie prendre chair et os.
L’apparition des écrans tactiles a retourné notre monde comme une crêpe. Avant, regarder une image était une affaire d’yeux, maintenir un souffle admiratif; aujourd’hui, il faut que ça réponde au toucher, que ça frétille sous le doigt!
Une caresse numérique, c’est pour bientôt ?
Avec la techno qui file plus vite qu’une Ferrari sur l’autoroute, le développement des technologies haptiques (ça sonne comme une danse grecque, mais c’est bien le toucher dans le numérique) promet de nous faire caresser bientôt les écrans pour sentir la texture du pelage d’un chaton ou le rugueux d’un mur en pierre… virtuellement s’entend!
Mais qu’arrivera-t-il quand nos minots, natifs de l’ère numérique, comprendront dès le berceau que pour vivre les images, il faut les peloter avec enthousiasme ?
L’immersion, c’est pas de la tarte!
Les casques de réalité virtuelle pullulent comme des champignons après la pluie. Et leur prix fond comme neige au soleil, stagnent entre des chiffres aussi sympathiques que 800 et 600 euros – on dit merci qui? La VR, c’est comme la sauce barbecue, ça s’infiltre partout : commerce en ligne, expérience de cuisine virtuelle chez Ikea (pourquoi se fatiguer à monter un meuble quand on peut le faire en VR?), et même dans les secteurs plus sérieux.
Sommes-nous tous des chamanes numériques ?
Lancez la discussion sur les peintures paléolithiques, et vous verrez des regards de poète vous parler d’osmose avec l’au-delà. Enfilons notre casque de chaman moderne : ne sommes-nous pas en train de chercher à traverser des portails vers des réalités alternatives ?
Cette pulsion d’immersion ne daterait pas d’hier ; depuis Narcisse qui nageait dans son reflet jusqu’aux casques VR, cette quête de l’image semble aussi naturelle que l’envie de grignoter entre les repas.
Faire le grand saut vers le virtuel, une quête anthropologique ?
Cette épopée imageante, je la scrute ici à l’Institut d’études avancées de Paris. Mon projet se nomme Hyperimage, combinaison de théorie, d’histoire des images, d’archéologie des médias et de sciences cognitives pour naviguer à travers les mystères de nos sens liés aux images. Car le challenge c’est ça : explorer les techniques, retracer les images, comprendre leurs danses avec notre sensibilité humaine, et ça, depuis les tréfonds de notre histoire.
Voilà l’aventure, mes chers apprentis explorateurs du virtuel! Rejoignez-moi dans cette quête sensationnelle, et peut-être un jour verrons-nous le monde non pas sous notre pouce, mais entre nos doigts experts et amusés.