Immersion porcine en VR : Quand les cochons se mettent à la technologie
Ça y est, les campagnes débarquent en ville, et pas n’importe comment ! Mettez vos bottes de côté, on a trouvé plus propre et plus moderne pour fouler la paille : la réalité virtuelle. Et si je vous racontais que l’on peut désormais visiter une ferme sans se salir les pieds et sentir l’agréable effluve du foin fraîchement coupé ? C’est ce qui s’est trémoussé au Salon de l’Agriculture, où Mickaël Guilloux, un éleveur porcin d’Astillé, a fait un carton avec ses casques de VR. Oui, vous avez bien lu, des casques pour plonger dans le quotidien d’un élevage de cochons, comme si vous y étiez !
Les cochons font leur show virtuel au SIA
Imaginez-vous déambulant entre les enclos, entouré de 325 truies mayennaises, sans bouger de Paris. C’est ce qu’a proposé Mickaël sur son petit stand, transformant citadins et autres curieux en véritables experts du cochon, le tout sans bottes ni fourche.
Nicolas, parisien trentenaire et famille à l’appui, a déclaré avoir l’impression « d’être vraiment sur place ». Pensez un peu : le monsieur n’avait jamais vu de ferme de sa vie et voilà qu’il se retrouve en plein Astillé, mégapole du porcin, à seulement quelques pas de Cossé-le-Vivien. Et tout ça, grâce à la magie de deux casques de réalité virtuelle, gracieusement offerts par la fine équipe de l’interprofession Inaporc.
La Mayenne s’invite à Paris, sans TGV
Mickaël, notre sympathique fermier de 43 printemps, a eu cette idée lumineuse : faire découvrir sa chère exploitation d’une manière qui casse trois pattes à un canard (ou un groin à un cochon, selon l’endroit). Et pour représenter le modèle français, quoi de mieux que la Mayenne, coeur battant de la porcinophilie entre Bretagne et Pays de la Loire ?
On a failli oublier, la réalité virtuelle, c’est le dada du coin ! Bon, Mickaël nous a un peu désenchantés en avouant que les fameux casques venaient d’une société rennaise. On ne peut pas être et avoir été, comme on dit dans les champs.
L’élevage comme si vous y étiez, à 294 km de distance
Mettez vos chauvinismes de côté. Armé d’un casque « oculus » digne d’un film de science-fiction et d’un banal smartphone, voilà nos visiteurs téléportés à 294 kilomètres de la Porte de Versailles, en direct live de la campagne mayennaise.
Une fois « sur place », notre visiteur trouve Mickaël et son employé prêts à faire le tour du propriétaire. La visite démarre et là, surprise, on suit la vie de l’élevage, de la gestation noble de la truie jusqu’à l’émergence des porcelets, en passant par les étapes du post-sevrage et de l’engraissement. Mickaël en profite pour distiller les secrets de l’alimentation des cochons – un véritable Michelin de la mangeaille porcine !
Un métier show, version positive
Et pour ceux qui n’auraient pas la chance d’être nés entre deux ballots de foin, l’idée est de rendre le tout compréhensible, même pour les plus urbains d’entre nous. Marc-Antoine, quadragénaire de l’Eure et père de famille, a pu, après sa moitié et sa progéniture, plonger virtuellement dans l’univers de Mickaël. Il a apprécié, même s’il aurait préféré que la visite ne s’arrête pas uniquement aux élevages en batterie.
Mickaël n’est pas peu fier lorsque des membres d’une délégation venue spécialement du département repartent dans leurs pénates, ébahis par trois minutes de VR. Même le préfet Frédéric Veaux a testé la chose et, dixit l’éleveur, il a trouvé l’exploitation diantrement propre. L’objectif ? Montrer le bon côté de la barrière, et qui sait, attirer des jeunes vers la filière porcine.
Et désormais, devant le stand de Mickaël, c’est la cohue. Des marmots à perte de vue, hypnotisés par les lunettes magiques. Peut-être que dans quelques années, grâce à ce voyage virtuel, certains d’entre eux se verront en nouveaux princes du cochonnet. Qui l’aurait cru ? Merci qui ? Merci la réalité virtuelle !