Start-ups : l’adieu au rêve américain version siliconée
Le conte de fées américain terni par les Gafam
Il était une fois, au pays de l’Oncle Sam, où le doux rêve de la Silicon Valley berçait de jeunes entreprises ambitieuses assoiffées de devenir les rois du web. Mais voilà, à l’ombre des géants du Net, il semblerait qu’elle peine désormais à dénicher la relève. Alors que la France s’auto-proclame fièrement « start-up nation », les États-Unis seraient-ils en train de chanter le blues du déclin entrepreneurial?
Selon le blog TechCruch, qui nous vient avec un air mélancolique, l’âge d’or des start-ups a passé date. « Ici, c’est la nostalgie à tous les étages ! » On en parlerait presque dans des termes de légende perdue. Le New York Times, Wired et Vox.com nous viennent également avec des prophéties un brin apocalyptiques : les Gafam, ces ogres de l’économie numérique, engloutissent la nouveauté et étouffent dans l’œuf leurs rivaux potentiels, façon pâté industriel.
Du haut de leurs 15 ans et plus, Microsoft, Apple, Google, Facebook et Amazon nous auraient fait un tour de magie : transformer tout concurrent en allié de fortune, acheté à coups de milliards. WhatsApp, Instagram, DeepMind… la liste s’allonge et la concurrence s’éteint.
La génération des invisibles
C’est un peu comme si un quintette magique avait déjà cueilli tous les fruits juteux du verger Internet. Pendant ce temps, côté start-ups, on se retrouve à faire du surplace. AirBnB, Uber, Pinterest, même dans le bingo des licornes, on ne crie plus victoire…
Loin des pionniers du passé, le nouveau créateur d’entreprise américain semble désormais plus solitaire qu’un cowboy dans le désert digital. Les yeux sont tournés vers des horizons nouveaux : Europe, Chine, Inde, ou même Afrique, pour un peu d’inédit entrepreneurial.
Le French Touch : l’insouciance en bandoulière
Pendant ce temps, en France, la vague des services Internet nous ayant passé sous le nez, on parle start-up avec une candeur presque touchante. On inculque aux jeunes entrepreneurs l’art de « penser global », parfums de la Silicon Valley en sus.
Mais attention, la mayonnaise française est en train de monter. Grâce au mantra de la French Tech, le monde numérique national a retrouvé de l’élan. Et puis, l’année passée, on a renoué avec le plaisir de créer des entreprises. Fintech, cryptomonnaies, santé : les opportunités font florès. Trouver du financement? Un jeu d’enfant, ou presque.
Alors, que Silicon Valley fasse grise mine, c’est peut-être l’occasion de se trouver de nouveaux modèles de réussite. Pourquoi donc s’accrocher à un modèle aussi uniforme, pleins de doutes, quand la France fourmille d’exemples de patience et d’ambition mesurée?
OVH, Sigfox, Devialet, Actility, que des noms qui sonnent comme de douces mélodies aux oreilles des aficionados du succès tricolore. Il est grand temps de les célébrer, de s’inspirer de leurs histoires.
En définitive, au lieu de se perdre dans des comparaisons avec des mastodontes d’une autre époque, mieux vaut tracer sa propre route, avec une bonne dose d’ambition, un zest de pragmatisme et, qui sait, un soupçon de « French flair » !