Joycestick : Quand la VR s’empare de la prose de James Joyce
La Réincarnation Virtuelle d’Ulysse
Depuis quelques temps déjà, une fine équipe du Boston College mêle avec fougue et passion la volupté de la littérature à l’excentricité de la réalité virtuelle. Leur création ? Je vous présente Joycestick, une expérience qui se joue des mots comme d’un joystick ! Ces magiciens des mots ont dévoilé lors de leur cours d’anglais automnal, le projet Digital Humanities Joycean, enrobé de la technologie Vive, concocté par HTC (connus pour leurs téléphones qui permettent de parler aux fées) et Valve (des maestres en sorcellerie vidéoludique).
Littérature et VR : L’idylle Inattendue
Depuis l’automne 2016, cet ovni littéraire a pris son envol. De l’analyse de genre, des drones bourdonnants, aux casques de réalité virtuelle, tout a été exploré, et pour quoi faire, me direz-vous ? Pour métamorphoser Ulysse de Joyce en une épopée narrative nouvelle vague ! Ce groupe interdisciplinaire ne s’est pas contenté d’envoyer des mots en l’air, sur un écran quelconque, non, monsieur !
Et quelle classe ! Au printemps, Rome s’est émerveillée devant une vidéo inédite, lors d’une conférence à l’Università degli Studi Roma Tre, et ensuite… Paf ! Une démonstration de gameplay, ou plutôt une déambulation poétique dans les méandres virtuels de l’œuvre, a été dévoilée.
Le Jeu, c’est du Sérieux !
Ce n’est pas une adaptation ludique banale de l’oeuvre de Joyce que propose notre équipe – ils ont visé plus haut que le ciel des jeux vidéo. « Nous envisageons la réalité virtuelle comme un papyrus numérique tout frais pour inscrire notre récit », confie Ryan Reede, étudiant en chaudronnerie informatique et membre éminent de Joycestick. « Interactivité, symphonie, poésie, mélodie : Joycestick, c’est un peu comme mixer tous ces ingrédients pour cuisiner une forme inédite de conte. »
Incarnez Leopold Bloom – et Sans le Costume !
Rappelez-vous, Ulysse de Joyce se déroule durant la journée du 16 juin 1904, devenue depuis un prétexte à s’habiller en vieux tweed – le Bloomsday. Leopold Bloom, personnage aussi modeste que son salaire, nous fait le plaisir de s’égayer à travers Dublin, sur les traces de son homonyme homérique.
Au cours de ses errances dubliniennes, il déguste de la viande au petit-déjeuner, fait un crochet par un enterrement et un baptême, s’égare dans un lieu de plaisirs et rentre finalement chez lui. Et, comme pour découvrir des œufs de Pâques littéraires, nous plongeons dans la psyché des protagonistes.
Ainsi, nos vaillants étudiants nous embarquent dans une réalité virtuelle où la narration joycienne devient une expérience immersive, un compagnon de route plutôt qu’une vulgaire copie du roman.
Plus Qu’un Jeu : une Odyssée !
Le Joycestick ne nous enchaine pas à des séquences typiques de jeux vidéo. Non, ici, point de puzzles torturés, de monstres à terrasser ou de quêtes épiques. Jan van Merkensteijn, philosophe en herbe, nous révèle que c’est l’exploration qui prime. S’approcher des objets, flâner dans les pièces, respirer les espaces, et certaines rencontres déclencheront la magie des mots de Joyce.
Pour les curieux et les impatients, il est possible de jeter un œil (ou même deux) sur l’univers graphique et les décors par le biais d’une séquence disponible en ligne. Un avant-goût limité et taquin, qui sème l’envie d’en savoir plus. Retrouvez cette expérience inédite [ici](http://adresse.de.joycestick/à/inventer).