Voitures autonomes : le défi de l’éthique au volant

La réalité virtuelle au volant : le permis éthique des voitures sans chauffeur

Quand la technologie se frotte à la morale

Imaginez. Vous êtes confortablement installé au volant de votre voiture flambant neuve… sauf que vous n’avez pas à toucher le volant. La voiture roule, pense et décide toute seule. Elle est autonome, oui, mais pas que dans ses manœuvres : elle doit aussi jongler avec les dilemmes moraux. Lumineux ou liquidateur, quel feu orange sera-t-elle ? La question peut sembler saugrenue, mais derrière les soucis de programmation se cache un casse-tête : quel serait le choix le plus juste à faire en cas de cornélien croisement sur la route ?

Pour mettre de l’huile dans les rouages de cette réflexion, une troupe de psychologues intrépides s’est lancée dans une aventure en réalité virtuelle. Leur mission, dans laquelle ils se sont portés volontaires : évaluer les décisions éthiques humaines pour transmettre la sagesse aux mécaniques sans émotion.

Sous le casque VR, le circuit neurone-morale

C’est bien connu, les voitures autonomes rêvent de nous imiter, y compris dans nos prises de décision dilemmatiques. Leon René Sütfeld, un as des sciences cognitives de l’Universität Osnabrück, a troqué sa blouse pour un casque VR dans l’objectif d’observer les choix humains en matière de conduite sans les mains.

Comment donc programmer ces chères bagnoles pour qu’elles se comportent comme de parfaits petits samaritains motorisés ? La tâche n’est pas aisée, car si jusqu’à présent l’on sait que notre moralité est aussi stable qu’un GPS sans signal, la complexité réside dans le fait d’intégrer cette flexibilité éthique aux algorithmes.

Les cobayes derrière le volant virtuel

Après avoir réuni 105 volontaires (76 hommes et 29 femmes, probablement déçus de ne pas tester un jeu vidéo plus exaltant), les chercheurs les ont plongés dans une simulation de conduite en réalité augmentée, où chaque participant tenait les rênes d’une belle mécanique sans chevaux. Au détour des pixels, ils devaient choisir en un claquement de doigts numériques entre écraser des bidons, des bichons ou Bernard, leur voisin.

Quatre secondes : c’était le temps imparti pour trancher entre les obstacles. Et là, surprise ! Les participants ont montré des tendances à sauver plutôt les êtres humains (faut-il s’en étonner ?). Mais leur cohérence électrique a fondu comme un glaçon sous le cagnard lorsqu’ils étaient sous pression, prouvant que le cerveau humain, même en VR, reste plus tortueux qu’un col de montagne.

Stress, VR et décisions hasardeuses

Le constat est clair : sous tension, nous sommes aussi constants dans nos choix que la météo en avril. Or, le stress, pour une machine, c’est aussi angoissant qu’une sieste pour un chat. Autrement dit, ce bon vieux stress humain plaide en faveur de la délégation des décisions à nos futurs chauffeurs électroniques qui, eux, n’en perdent pas une goutte d’huile.

Le hic ? Ce n’est pas pour autant que nos complexes casse-têtes moraux vont disparaître du tableau de bord. Qui choisir de sauver entre un piéton et le passager lors d’une collision inévitable ? Telle est l’épineuse énigme à laquelle même le MIT a essayé de nous faire réfléchir. Une chose est sûre, on est loin d’avoir fini de tourner en rond dans le rond-point de l’éthique automobile.

En conclusion, maintenons nos mains sur le volant de notre conscience, et nos yeux ouverts sur les autoroutes de demain, car si les voitures apprennent à nous imiter, il va falloir s’assurer que notre copilote métallique partage notre vision du code de la route, et de ses multiples exceptions.

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